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LES SOURCES DE LA JOIE 

 

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                     LA JOIE, SIGNE DE VIE                                  La joie est un des secrets du cœur humain.     

     Beaucoup plus qu'un secret, un mystère. A la fois une nostalgie et une possibilité actuelle. La nostalgie d'un bonheur dont la marque, comme enchâssée dans l'inconscient, témoigne d'une possibilité d'accéder à la sérénité en toute situation, d'en cultiver l'aptitude.

     C'est aussi, pour beaucoup d'hommes et de femmes, sous toutes les latitudes, l'espérance de pouvoir, au terme du temps, dans un au-delà à connaître, accéder à la plénitude du bonheur.

     La joie, c'est encore le signe de la volonté engagée, ici et maintenant, à vaincre les souffrances de l'âme-corps, à annihiler toutes les forces d'anti-joie qui freinent l'épanouissement, l'évolution verticale, spirituelle de l'homme.

    Joie et anti-joie, ces états ne se racontent pas. On les vit. Aussi bien, c'est à la vie que je vais demander ses renseignements. C'est la terre, l'espace, le ciel, toute la création qui vont répondre à ma quête de joie.

     Je demanderai aussi à la nuit, la dernière, sa signification. La joie s'accommode-t-elle d'évoquer cet ultime instant, de ne point l'éluder et de s'y préparer? S'accommode-t-elle de se grandir, de faire et de refaire son devoir, d'entretenir et d'augmenter son courage et sa volonté, avant de baisser la tête devant la grande inconnue ?

     Sur cet itinéraire, tout est à dire et à chanter. La grande beauté du monde. Son âpreté. Les fleurs avec fruits.

Les lèvres tendues vers le grand poème de l'amour humain, avec l'enfant et la perpétuation de l'espèce. La parole inouïe: << Tu ne tueras point d'hommes >>. Tu seras responsable du plus faible. Et donc tu ne tueras pas l'innocent dans l'utérus maternel, quelque soit le nombre de ses jours ! Les propositions de Dieu ou, pour les non-voyants, les lois de la sagesse, les lois de la nature et celles des hommes aussi sont toujours à découvrir.

     Vivre les lois de la sagesse pour vivre la joie. Les mets sont sur les tables et les vins sont à boire. Tout est à notre discrétion et pour notre bien, si nous savons protéger le fonds et user des fruits avec modération. La chair est frémissante et souffrante. Elle a ses temps de volupté brefs, mais ordonnés à la réalisation du grand dessein, avec maîtrise et régulation, pour non seulement faire de l'homme, mais faire des hommes, c'est-à-dire des êtres libres, responsables et forts.

      Tout est à chanter, les bruits de la vie, les appels des voix sonores, mais aussi des voix du cœur et du plus profond de nous-mêmes qui sourdent de ce passé plus lointain que notre passé. Le bruit du silence, celui de mon sang, incessant. Cet écho en moi-même de mon immensité, vide et enténébrée, potentielle. A combler de joie ou d'amour ou de vie. La joie est signe d'amour est la vie.

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      L'amour et la vie peuvent se manifester partout en toute circonstance, en tout lieu, en tout règne. L'amour-vie transite par le minéral. Tout vient de la poussière du sol. La vie transite, à travers le minéral, par le végétal. L'herbe autotrophe convertit l'inerte, qui n'est inerte qu'en apparence, en substance vivante. L'amour-vie passe par le ruisseau qui chante, par l'eau, premier agent de la fécondité, par la forêt, le vent, la nuit et le jour alternés, le rythme nycthéméral et les rythmes circadiens, par l'équilibre écologique, comme l'on dit aujourd'hui, et auquel il est dangereux de porter atteinte.

     L'amour-vie passe par la douceur et la rudesse des choses et des êtres, par l'œuvre de civilisation bien contrôlée, par ce pont jeté sur le fleuve, et par ces mécaniques et ces moteurs qui renferment un si grand poids de raison humaine.

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     A travers ce passage de l'amour-vie, ce tourbillon et ces métamorphoses, tant de cœurs meurtris pour lesquels l'invitation à la joie est une dérision! Mais je montrerai que le bonheur, avec la joie pour expression, est une aptitude. En attendant de voir s'il existe une possibilité de se rendre apte à cet état, que nul ne désespère. Les soucis, les peines, les dangers proches ou lointains, ta douleur, la mienne, la tristesse et la détresse, cette béance au repli de mon être, ne sont jamais définitifs.

     Le sujet apte au bonheur, ou qui sait se rendre apte, n'échappe point aux aléas de l'existence, aux aspérités de la voie inconnue sur laquelle chacun avance, et dont il ne sera jamais le maître, puisque c'est toujours de son lendemain qu'il s'agit.

     Mais déjà l'aptitude au bonheur s'esquisse dans la certitude qu'après l'intempérie vient un temps plus clément.

     Elle naît de la prise de conscience d'une alternance. C'est pour l'heure notre lot. Un balancement perpétuel entre l'anti-joie et la joie. Nous avons à comprendre que nous sommes appelés, tout au long de notre vie, à courir la contrée du moins au plus, mais pas d'une manière régulièrement ascendante. Plutôt selon un schéma progressif en dents de scie.

      Nous sommes toujours invités à d'autres départs. C'est un combat perpétuel vers de nouveaux progrès, sans jamais de satisfaction totale, sauf pour les sots, car l'homme est trop grand pour se contenter de ce qu'il possède, de ce qu'il découvre, de ce qu'il apprend. Trop grand et trop misérable. Trop grand pour sa faim d'éternité. Trop misérable parce qu'il n'exploite pas toutes ses possibilités, toutes ses potentialités.

 

     La joie est signe d'amour et l'amour est vie. Mais vivre selon l'homme, c'est être une personne et non pas seulement avoir des biens. Autrement dit, c'est avoir un minimum suffisant de biens pour être.

     La voie me semble donc tracée. Pourquoi cette quête de joie? Certes pas pour vagabonder pour rien. Cette recherche doit donc coller à la vie, à la peine des hommes, à leurs espérances, à leurs projets, afin que chacun puisse devenir celui qu'il est potentiellement: non pas personnage mais une personne. Il ne s'agit de rien de moins que de se relier à l'Etre en pleine connaissance de cause, de retrouver en soi le fil précieux, le fil conducteur d'éternité.

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     Une semblable démarche n'aboutira pas en philosophant, encore moins en moralisant, ni en formulant des recettes à la manière de " Comment réussir une bonne cuisine". Elle portera du fruit à condition de nous appréhender dans notre milieu, et d'aller jusque dans l'enfer que d'aucuns se créent; de considérer les messages de ceux qui prétendent faire notre bonheur en confisquant notre liberté, en refusant la pluralité, en affirmant la prétention blasphématoire de couler les intelligences dans un même moule, en régentant nos pensées.

     On découvrira ainsi que la vraie joie est un problème de culture de l'être, de l'épanouissement de soi dans l'affirmation de ses différences. Position négative d'abord: refuser d'être possédé, aliéné par des systèmes, des organisations qui ont pour fin d'abolir les pluralités, de niveler les cerveaux, de stériliser, avec la liberté, l'imagination, la création, la joie.

     Action positive: croître, même envers et contre tous, dans la dimension spirituelle. Sans faire l'ange. Ne l'oublions jamais, nous sommes âme-corps. Chaque homme est une âme corporalisée. Et cette unité provient de la terre. Elle débute dès la fusion des gamètes, des deux cellules haploïdes en une cellule diploïde. Fusion qui constitue la structure particulière de tel homme, donc avec ses différences et avec toutes ses potentialités. Structure qui organise la matière empruntée au milieu et la dispose suivant les différents organes, les différents systèmes et appareils, les différentes parties. Et dans cette construction par le dedans, les lois mécaniques, physico-chimiques sont utilisées et respectées, comme elles le sont par les ouvrier dans la construction de la maison; ouvriers comparables à des agents guidés par la structure imaginée par l'architecte et fixée sur l'épure. Structure-épure ou âme de la maison. Structure-épure de l'être humain incluse dans le caryotype de la première cellule et qui guide, dans le sein de la mère, la construction de l'enfant. L'âme-corps. Une structure corporalisée. Une élévation de la matière.

     Toute structure-épure réalise une élévation de la matière, en opposition aux lois de la pesanteur et de la dégradation de l'énergie ou entropie. Qu'il s'agisse d'un objet, la maison; du végétal, le brin d'herbe ou l'arbre; de l'animal, le vermisseau ou l'éléphant; l'homme.

     Une élévation, donc un transport, un arrachement à l'inertie, à la masse. Un défi à l'entropie, à l'égalisation, à la mort. Il nous faudra revenir sur ce point. Je crois qu'il est à l'émergence du fil précieux, du fil d'éternité parce qu'il a pour origine la matière, la terre dont nous sommes issus, selon le dessein d'une intelligence et d'une volonté transcendantes.

     Et cela sans avoir à faire appel à un platonisme ou à un néo-platonisme, à une doctrine de la chute, doctrine irrecevable en rigueur et à la lumière des découvertes de la biologie et de la génétique, qui sont inconciliables avec la dualité de la personne: l'âme noble d'un côté, et le corps vil de l'autre.

     Non, la personne est une. Sans doute, il y a eu et il y a tous les jours, et de différentes manières, des chutes. Cela fait partie de la montée en dents de scie. Il y a sans aucun doute une chute originelle résultant de la préférence éperdue de soi-même contre les autres. Il n'empêche que l'homme n'est pas un ange déchu. Il est fils de la terre, fruit de l'évolution et en appétit incoercible de vrais progrès, témoignant par là sa faim d'absolu, son attirance vers la personne divine, même quand, dans un temps comme le nôtre, le progrès des sciences et des techniques et l'ivresse qui en résulte paraissent l'en éloigner.

     Ainsi, cette première piste nous montre déjà, à côté de la nécessité de l'action, une perspective réjouissante. Nous sommes de la terre, mais appelés à monter. La terre est pour tous les vivants, et l'homme doit connaître la joie active de vivre de ses fruits et de les savourer. A condition que la pratique de cette joie soit ouverte, ce qui implique, l'agir et le partage équitable.

     Sinon, le déséquilibre s'installe et le suc de la terre devient tourment de l'esprit, qui s'enferme dans le souci d'accroître et de défendre les richesses. C'est alors que l'âme manque à la chaire et qu'une dualité contre nature s'installe. La loi d'amour, qui supplée pour nous l'absence d'instinct d'équilibre, est bafouée. Comment s'étonner de la montée des griefs et du flot planétaire inquiétant des revendications? Des revendications qui traduisent, elles aussi, le déséquilibre, puisqu'elles n'ont, par nécessité, que des coordonnées horizontales. Comment penser à autre chose qu'à avoir, quand il ne s'agit pour certains peuples, et en Occident pour les laissés-pour-compte de la prospérité, que de survivre ?

     La méconnaissance de la loi d'amour, par suite du grave déséquilibre introduit, a pour effet, tant chez les sur nantis que chez les indigents, de matérialiser la structure âme corporalisée, de l'étouffer, de l'empêcher de s'épanouir, de stériliser la joie.

     Ainsi le plus grand nombre d'hommes, par excès ou insuffisance, s'aveuglent dans et par le périssable, et semblent ne plus pouvoir saisir la perspective évolutive, historique et éternelle dont leur structure invisible et agissante est, en chacun d'eux, le témoin permanent.

      Nous retiendrons dans de cette méditation sur la pratique de la joie que celle-ci est impossible si l'on méconnaît ou renie sa vocation verticale ou spirituelle, tout en restant pleinement homme. Il n'est certes pas facile.

Mais il n'a jamais été dit qu'il est facile de vivre, et il est sans aucun doute très difficile de bien vivre.

     Toute vie humaine doit être une ascension. Il n'est point d'âge pour commencer ou continuer de s'élever. Point d'état. L'incurable lui-même doit rechercher, dans cet effort vertical, son identité. Dans les remous de l'existence présente, à travers les multiples épreuves, la joie naît de cet accomplissement. Il réalise la vocation, le désir essentiel de l'homme.

     Qui s'arrête de s'élever augmente ses ténèbres, oublie sa genèse et sa finalité, et ne parvient pas à édifier sa paix. Structure-âme végétalisée, puis matérialisée, égarée dans l'absurde, le sujet devient une personne accablée par l'indéchiffrable, et ne sait plus s'aimer soi-même.

     Au contraire, qui poursuit l'ascension allège l'opposition de soi à moi, déjoue les pièges et évite les abîmes. Il utilise l'avoir comme il convient, avec le souci de faire correspondre le bien-être au plus-être. Ici la joie devient l'art d'éviter l'absurde. C'est ainsi que s'ébauche l'aptitude au bonheur, signe de vraie santé, comme j'essaierai de le montrer dans le cours de l'ouvrage.

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