VIVRE NATURELLEMENT - Hygiène et Santé
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ARGILE ET SANTÉ

          Maintenant que nous avons quelques notions précises sur la nature de cette roche, il nous faut entrer dans le vif de notre sujet en essayant d’abord de voir comment l’homme a été amené à recourir à l’argile pour se soigner.

         Son utilisation remonte sans doute à des temps aussi anciens que l’homme lui-même. L’histoire en tout cas a retenu que les prêtres-médecins égyptiens, les Assyriens, les anciens Arabes et les Grecs en faisaient un large usage thérapeutique.

       Chez les Egyptiens, elle servait, entre autres substances, à modifier les corps en raison de son pouvoir purificateur.

        Les peuples de l’Extrême-Orient, Chinois et Indiens y eurent recours, tant en usage interne qu’en usage externe, et je ne crois pas que les générations actuelles aient cessé de l’utiliser.

           Le naturaliste Pline l’Ancien vers l’an 50 en préconisa l’emploi.

         Des médecins grecs – notamment Dioscoride Pedanius, célèbre sous Néron et Claude Gallien au IIe siècle de notre ère – furent partisans de l’argile-remède. Dioscoride expérimenta son pouvoir vulnéraire et absorbant en l’utilisant en pansements contre les phlyctènes – ampoules formées par les brûlures – la goutte, le goitre, l’érésipèle, et même contre les morsures de serpents venimeux.

         On rapporte, d’autre part, que Gallien se serait rendu à Lemnos, île de l’Archipel, pour y étudier spécialement les vertus de son argile. Les habitants de Lemnos l’employaient, en effet, en usage interne comme contrepoison et aussi contre les maladies d’estomac, les affections de l’intestin, notamment la dysenterie et les hémorragies de l’appareil digestif, et aussi pour luter contre les maladies infectieuses, voire contre la peste.

       Plus tard, au Ve siècle de notre ère, Hippocrate, dont les conceptions s’opposèrent souvent à celles de Gallien, ne dédaigna cependant point de recourir à l’argile. Il faut dire qu’Hippocrate était surtout un clinicien, c’est-à-dire qu’il fondait ses thérapeutiques sur l’observation directe des malades, tandis que Gallien donnait plus d’importance au raisonnement. Il n’est donc pas surprenant qu’Hippocrate fit une place à l’argile dans l’inventaire des moyens propres à guérir les hommes.

         Le médecin arabe Ibn-Sina Avicenne, surnommé le Prince des Médecins du Xe siècle, l’introduisit dans l’arsenal de ses remèdes dont il donne la nomenclature dans son célèbre Canon de la médecine.

         Du reste, en Occident, au cours du Moyen Age, l’argile continua d’être largement utilisée et sa réputation se maintint jusqu’au début du XIXe siècle. Mais à partir de ces années son utilisation diminua en raison du développement de la chimiothérapie.

         Les naturopathes ou naturalistes cependant ne l’abandonnèrent point et pour cause. Le célèbre Bavarois, le curé Kneipp, fut au siècle dernier, grâce à son intuition si sûre, un adepte de l’argile-remède. L’Allemand Felke en fut, lui aussi, un partisan convaincu.

       L’insistance des médecins naturalistes accrut le mépris des médecins scientifiques à l’endroit de cette pratique empirique, comme si la médecine était une discipline aussi rigoureuse que les mathématiques. L’homme n’est pas un chiffre, c’est une rencontre de matière et de vie, de corps et d’esprit, un monde organisé qui échappe toujours par un certain côté à l’appréhension scientifique. Tant d’inconnues restent à son endroit à découvrir qu’on peut affirmer que les méthodes empiriques qui ont fait leurs preuves utilisent des principes et provoquent un enchaînement de réactions que la science n’a pas encore les moyens de formuler ; il est probable cependant que le progrès la conduira à de tels résultats.

         Quoi qu’il en soit, la médecine officielle en France continue de se montrer réticente et ne fait à l’argile qu’une maigre place en l’introduisant dans la composition de différentes spécialités sous forme de kaolin ou de silicate d’alumine.

         En Allemagne, la situation me paraît plus favorable. Déjà environ 1880 le professeur Stimp, de Wurzbourg, fit des observations cliniques remarquables notamment dans le traitement par l’argile des ulcères, des plaies infectées, des inflammations et de l’ozène.

         L’ozène est un ulcère de la muqueuse du nez qui communique à l’haleine une odeur fétide.

         Un peu plus tard, vers la fin du siècle dernier un professeur américain, le docteur Abinell de Philadelphie communiqua à ses confrères les étonnants résultats des ses confrères les étonnants résultats des ses expériences thérapeutiques fondées sur l’argile. A peu près à la même époque les travaux du médecin anglais Shearer vinrent corroborer ceux du professeur Abinell.

         La première guerre mondiale de 1914-18 fit retrouver à l’argile davantage de considération. Des médecins allemands et autrichiens devant les ravages causés par la dysenterie la prescrivirent aux soldats atteints et furent émerveillés des résultats. Les malades devaient absorber à jeun une tasse d’argile pulvérisée. Un traitement semblable fut appliqué contre la typhoïde et même contre des cas de choléra. Les guérisons furent surprenantes.

         J’ai écrit, ci-dessus, que la médecine officielle en France n’est pas encore acquise aux vertus de l’argile. Et pourtant voici ce qu’un médecin français a déclaré au journaliste de « Point de Vue », Jean Palaiseul :

         « Les médecins ne savent pas tout et il existe beaucoup de choses qu’on ne leur a pas enseignées à la Faculté ! Cela, je l’ai découvert il y a longtemps en soignant un pauvre type qui s’était cassé une patte.

         « Fracture ouverte, tout ce qu’il y a de classique. On opère, mais voilà que la plaie, au lieu de se refermer, se met à suppurer, j’essaie toute la gamme de ce que je crois capable d’être efficace. En vain : l’infection gagne de jour en jour et commence à attaquer l’os. Le pied est gonflé et noirâtre. J’appelle un confrère en consultation et ses conclusions rejoignent les miennes : il va falloir envisager l’amputation.

         « Je préviens la famille du malade : « Nous allons encore attendre quelques jours, lui dis-je, mais si aucun changement n’intervient, il ne restera qu’un moyen d’éviter le pire : l’opération. » J’avoue que je ne me faisais guère d’illusions quant à une modification quelconque dans l’évolution de l’état de mon client : pour moi, la seule chance de salut était dans l’intervention chirurgicale…

         « Le lendemain, cependant, je constate une légère amélioration. Le pied est moins tuméfié, l’infection semble stationnaire. Ce mieux s’accentue encore dans les jours qui suivent. Est-ce là un de ces miracles dus aux merveilleux pouvoirs de défense de notre organisme ? C’est ce que je pense tout d’abord, mais certains coups d’œil ironiques que je surprends dans l’entourage du malade, me révèlent bientôt qu’on me cache quelque chose. Je pose des questions, on me répond avec embarras. J’insiste et finalement j’apprends la vérité : quand il a été question d’amputation, la famille a décidé d’appliquer un remède de bonne femme qu’une voisine lui avait conseillé depuis le début. «  De toute façon, me déclara la femme du patient, on n’avait rien à perdre : cela ne pourrait pas aller plus mal, alors on a essayé… »

         « Ce remède, c’était tout simplement des cataplasmes d’argile. Devant les résultats obtenus, je n’au pu que m’incliner… et recommander de continuer ce traitement. Quelques mois plus tard, mon malade était debout, sur ses deux pieds, et sa plaie s’était refermée.

         « Et pour conclure, le médecin – qui a eu recours souvent depuis à l’argile – rappela cette formule d’Hippocrate : « Il ne faut pas rougir d’emprunter au peuple ce qui peut être utile à l’art de guérir. »

         Non, il ne faut pas rougit non plus de tenir compte de l’instinct des animaux. Ils nous montrent souvent la voie et notamment dans le domaine de l’argile. Ainsi les éléphants, quand ils en éprouvent le besoin, absorbent d’énormes quantités de marnes silico-magnésiennes, prennent des bains de boue et s’enduisent le corps d’argile.

         De nombreux mammifères et oiseaux se soignent d’une façon analogue, et j’ai fait allusion, à ce propos, au comportement du moineau et du lapin. La station balnéaire de l’Ossouri, en pleine forêt sibérienne, a d’ailleurs été fondée à la suite d’observations faites sur les animaux sauvages de cette région. Des ours, des sangliers, des cerfs et des chevreuils blessés venaient en effet se baigner dans des étangs de boue très nombreux en ces lieux. C’est qu’ils avaient découvert les propriétés curatives de cette terre et en usaient sinon à bon escient, du moins à sûr instinct.

         Du reste les bains de boue sont pratiqués en France dans des stations spécialisées depuis des temps très reculés, boues minérales ou végéto-minérales employées dans le traitement des affections rhumatismales chroniques, les sciatiques, les lumbagos et les névralgies.

         Ces bains entraînent une réaction vive et salutaire de l’organisme par excitation de la circulation et élimination facile des sueurs, augmentation de la diurèse – quantité de l’urine émise. Nous reviendrons longuement sur ces différents points dans les chapitres appropriés.

 

                                     Robert ANDREANI

 

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